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“Nous constatons simplement que devant les énigmes et de la vie, l’entendement habituel de nos contemporains moyens cherche couramment refuge soit dans l’incroyance, soit dans une croyance naïve et à bon marché, comme s’il était entendu que ces attitudes extrêmes permettraient à l’espit contemporain aux abois d’échapper aux énigmes posées par ce brouillard insaisissable qu’est, pour lui, l’âme.

Pour l’esprit moderne, tout tient dans une alternative : ou bien nous sommes en présence de faits palpables et contrôlables, ou bien il ne s’agit que d’illusions créées par une sexualité refoulée ou par la compensation d’infériorités.

Au contraire, et au-delà de cette alternative qui me semble mal posée, j’ai proposé d’accorder et de reconnaitre à l’âme la réalité qui est la sienne et la dimension  qui lui est propre.”

Carl Gustav Jung, Ein Moderner Mythus


Extrait Wikipedia sur Carl Gustav Jung :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Gustav_Jung

Par rapport au « phénomène ovni », Jung est un des premiers auteurs, dans Un mythe moderne (1958), à s’y intéresser d’un point de vue psychologique et sociologique. Il y suggère l’importance qu’il y a à étudier autant le témoin qui rapporte l’observation que l’observation per se. L’explication du phénomène se situerait dans la rencontre entre la psyché et un phénomène physique. De ce fait, il est un des précurseurs de ce que l’on nomme aujourd’hui le « modèle sociopsychologique du phénomène ovni ».

À ce sujet, voici un exemple ni mystique, ni scientiste pour illustrer les recherches psychologiques jungiennes : un Américain en 1950 voit un phénomène lumineux dans le ciel. Une idée jaillit : « C’est un OVNI conduit par des extraterrestres. »

Trois réactions sont, alors, possibles :

Soit, il rejette rapidement la pensée qu’il vient d’avoir : de l’existence et d’une rencontre possible avec une autre forme de vie intelligente. Le rejet de cette hypothèse, le conduit à prouver scientifiquement la cause physique du phénomène visuel dont il a été témoin. Ce qui est souvent possible assez aisément. Ce travail rationnel souhaitable peut aussi se transformer en une conviction pseudo-scientifique sur l’impossibilité d’existence d’autres formes de vie intelligente. Et peut aussi conduire au déni du questionnement scientifique légitime sur le fait objectif de la psycho-sociologie du phénomène ovni.

Soit il est subjugué par la conviction de l’existence d’autres formes de vie intelligente. Il deviendra alors un fervent défenseur de la réalité physique de l’apparition d’ovni extraterrestre. Il pourra même s’enfermer dans le déni des preuves scientifiques qui démontre la cause physique du phénomène dont il a été témoin.

Soit, cas le plus rare, si sa maturité psychologique est suffisante, il s’intéressera scientifiquement au phénomène psychologique (répété dans les années 1950 – 60) du jaillissement de l’hypothèse de l’existence et de la rencontre possible avec d’autres formes de vie intelligentes.

Étudier cette question pourra alors être fécond en spéculations et hypothèses scientifiques. Jung pour sa part s’est intéressé à la dimension symbolique de l’engouement pour les ovni. Il y voit une projection fantasmatique qui force la pensée rationnelle contemporaine à s’intéresser à d’autres modes cognitifs : sentiments éprouvés, sensations immédiates, intuitions. L’homme du Moyen Âge dialoguait avec Dieu. L’homme du vingtième siècle (dans l’hypothèse d’un processus physiologique d’individuation), se prépare à la rencontre – aussi étrange qu’une rencontre du troisième type – avec ses dynamismes cognitifs pré-conscients qui participent silencieusement à son existence.

Le titre choc d’un article intitulé « Le Dr Jung dit que les « disques volants » suggèrent des pilotes quasi humains » publié dans le journal New York Herald Tribune, le 30 juillet 1958, a servi aux deux camps qui s’opposent quant à l’existence d’ovnis pilotés par des extraterrestres. Certains ont voulu y voir une légitimation de leur croyance aux extraterrestres, d’autres une décrédibilisation du caractère scientifique des travaux psychologiques de Jung. Peu envisagent que Jung, en ancien psychiatre, fait justement remarquer qu’il y a un intérêt pour les recherches psychologiques de remarquer que ceux qui décrivent des ovnis extraterrestres décrivent un pilotage non extraterrestre – « quasi humain ». S’agit-il, alors, d’une projection fantasmagorique ? Comme méthode, il propose des études de cas de rêves à thématique ovni de ses patients. Son hypothèse principale est que les ovnis ont une forme circulaire de soucoupe par analogie avec les mandalas, eux-mêmes symboles d’un désir de complétude et qu’ils sont une reconduction de l’archétype du salut, au sein d’une société où « Dieu est mort ». Une tentative pour l’humain de s’interroger au sujet de la cohabitation sous un même crâne entre une pensée consciente coutumière et un autre fonctionnement cognitif non-conscient.

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