“Devant les phénomènes extraordinaires que, presque chaque jour, un univers inconnu offre à notre étonnement, trois positions intellectuelles sont possibles.

La première est la crédulité du primitif, qui accepte avec une foi simple les récits les plus merveilleux, admet très aisément le “surnaturel”, ne critique pas les témoignages et, en conséquence, se trouve souvent le jouet des charlatans et des escrocs.

La deuxième est la crédulité de l’esprit fort qui, possédé par la croyance qu’il sait tout, enrage d’être confronté à des phénomènes qui ne cédent pas à ses convictions. Ne trouvant pas dans son arsenal limité d’explication qui le satisfasse, il choisit de douter des autres plutôt que de lui-même et de récuser les faits les plus indiscutables pour éviter de mettre sa foi en question. Orgueil mal placé et anthropocentrisme périmé depuis Copernic et Galilée font finalement de lui un danger pour la science, l’histoire le montre abondamment.

La troisième position intellectuelle et celle du véritable esprit scientifique, qui s’en tient aux faits pour les observer, les rassembler, les trier, les critiquer, les coordonner. C’est l’attitude de la modestie et de la soumission au réel. C’est celle d’Aimé Michel, dans le livre passionnant qu’il consacre à la toujours brulante question des Mystérieux Objets Célestes, livre qui, j’en suis certain, va complétement renouveler le sujet”

Préface du Général d’Armée Aérienne L.M. Chassin pour le livre “Mystérieux Objets Célestes” d’Aimé Michel, paru en 1958



Le 12 Mai 1919 naissait donc Aimé Michel, qui deviendra un animateur majeur d’une discipline à l’époque encore balbutiante, l’ufologie. Aimé Michel a une place à part dans mon panthéon de personnalités, probablement par sa formation philosophique.

La préface de Chassin est profondément contemporaine, entre ultracroyants et zététiciens surs de leurs fait. The more things change, the more they stay the same. Je vous invite bien sur à vous perdre dans la pensée de l’homme grace au travail d’archivage fait sur un site qui lui est dédié.

http://www.aime-michel.fr/

Je conseille également de lire ou relire Aimé Michel (ses ouvrages sont assez facilement trouvables en PDF sur le Net), mais aussi de lire le livre de Michel Picard, “Aimé Michel, ou la quête du Surhumain”, une compilation de textes du premier ufolosophe sorti chez JMG.

Michel Picard – Aimé Michel ou la Quête du Surhumain

Eduardo Russo a édité sur le site du CISU (Centro Italiano Studi Ufologici) une courte note sur le travail d’Aimé Michel dans ce domaine de recherches.


Nous nous permettons de partager l’article et d’en proposer une traduction pour ceux (dont je fais partie) qui ne lisent pas l’italien.

Lien vers l’article du CISU :

http://www.cisu.org/aime-michel-a-100-anni-dalla-nascita/?fbclid=IwAR05Bwfrdeqdgec0XWo6d1iW7xB3r0kg7hfpHC9h8dy3IOO2Se38d2EPYc0



Proposition de traduction :

Il y a exactement cent ans, le 12 mai 1919, Aimé Michel est né dans le village de Saint-Vincent-les-Fort (Alpes françaises) qui, pendant trente ans, a été l’un des érudits en ufologie les plus influents.

Diplômé en philosophie, journaliste à la radio et à la télévision et écrivain scientifique, il s’intéressait dès le début aux reportages sur les “soucoupes volantes” et publia en 1954 un livre ( “Lueurs sur les soucoupes volantes” , traduit quelques mois plus tard en Italie) destiné à faire sensation Il fut le premier en France à aborder le sujet avec une approche rationnelle et scientifique, juste avant que ce pays ne soit submergé par la grande vague d’automne d’observations et d’atterrissages, qu’il avait elle-même prévue selon un cycle de deux ans.

Ce déluge d’observations, sans précédent en Europe, constitue le noyau de son deuxième livre ( “Mystérieux Objects Célestes” , 1958), publié simultanément aux États-Unis et basé sur la découverte (baptisée “ortotenia” ) que les observations semblaient se dérouler dans le prolongement , qui a changé au fil des jours.

La possibilité d’appliquer une analyse mathématique à tous les rapports (avec pour conséquence de stimuler la création du premier catalogue informatisé), l’attention portée aux atterrissages et à celles qui s’appelleront de nombreuses années plus tard “rapprochées”, la formation autour à lui d’un vaste réseau international de correspondants (le “collège invisible” ) qui comprenait des chercheurs universitaires, des techniciens, des intellectuels et des soldats à titre privé mais activement intéressé par le sujet: telles étaient les conséquences importantes de ce livre, qui représentait sinon la naissance au moins la conception du courant de “l’ufologie scientifique”.

Dans les années suivantes, Michel se concentra sur les implications et les contradictions de l’hypothèse extraterrestre, dont il fut toujours le champion et le partisan, en élaborant de manière conceptuelle le “problème du non-contact”, sur le caractère trompeur du phénomène (dont l’analyse nous donne l’équivalent de la souris dans le labyrinthe), jusqu’à arriver en 1980 à la conclusion d’une transcendance intrinsèque et de l’inconnaissabilité de ses causes et donc de son éloignement de l’ufologie.

Outre les OVNIS (acronyme qu’il n’aimait pas et qu’il préférait remplacer par le MOC français), Michel s’intéressait et écrivait sur de nombreux autres sujets, allant de l’éthologie au mysticisme, de la psychologie à l’épistémologie, en participant au mouvement du “réalisme fantastique” le Magazine Planète . Une tentative de rassembler toute la bibliographie (et en particulier les nombreux articles) d’un petit groupe de passionnés (à qui le Centre italien d’études ufologiques a collaboré avec le matériel rassemblé dans un riche dossier des archives de la CISU) est accessible sur un site spécifiquement dédié à Aimé Michel .

Un profil ufologique détaillé d’Aimé Michel, publié dans le magazine d’information UFO – UFO à l’occasion de son décès (le 28 décembre 1992), peut être téléchargé ici .

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